L’efficacité des aliments enrichis en phytostérols dépend de la matière grasse utilisée à la base

La forme la plus courante des aliments enrichis en phytostérol (PS) sont les margarines et les produits laitiers. Les matières grasses prédominantes utilisées dans les margarines sont les huiles de type soja ou tournesol (ST) ou de type colza ou canola (CC), et les graisses animales dans les produits laitiers. Cette étude a visé à déterminer si la graisse de l’aliment enrichis en phytostérols est un élément déterminant des effets hypocholestérolémiques de ces aliments. Pour cela, les auteurs ont analysé les études de cas randomisés (ECR) trouvées dans les bases de données et publiées à partir de 1990, s’intéressant aux effets d’une intervention nutritionnelle avec des PS (≥1,5 g par jour) sur le cholestérol total (TC) et le LDL-C.

Les résultats obtenus à partir de 32 ECR (RC, n = 15, SS, n = 9, D, n = 8) confirment que tous les groupes de matières grasses réduisent significativement le TC et le LDL-C (p <0,01). L’analyse comparative des différentes matières grasses des aliments montrent que l’utilisation d’huiles CC comme matière grasse principale permet de réduire le LDL-C plus significativement que les huiles ST (p = 0,01).

En conclusion, cette analyse montre qu’une margarine combinant des huiles riches en acides gras monoinsaturés et en acides gras oméga-3, comme l’huile de colza, semble être la forme la plus intéressante pour un abaissement optimal du cholestérol sanguin via la délivrance de phytostérols. Les résultats de cette recherche fournissent des éléments utiles pour l’optimisation des effets hypocholestéolémiques des aliments enrichis en phytostérols

Ferguson JJ, Stojanovski E, MacDonald-Wicks L, Garg ML. Fat type in phytosterol products influence their cholesterol-lowering potential: A systematic review and meta-analysis of RCTs. Prog Lipid Res. 2016 Oct;64:16-29.

Une intervention dans le domaine alimentaire et de l’activité physique permet d’améliorer la composition plasmatique des acides gras chez des enfants finlandais

L’étude des effets des interventions sur le mode de vie sur la composition des acides gras plasmatiques chez les enfants est limitée. Dans ce travail, les effets d’une intervention alimentaire et d’activité physique sur la composition d’acides gras plasmatiques d’esters de cholestéryle (EC) et de phospholipides ainsi que sur les activités estimées de désaturase et d’élongase sont étudiés.  506 enfants finlandais âgés de 6 à 8 ans ont été inclus dans cette étude.

Les résultats montrent que la proportion d’acides gras polyinsaturés (AGPI) totaux dans les EC a tendance à augmenter dans le groupe d’intervention par rapport au groupe témoin (P = 0,007 pour l’interaction groupe x temps). La proportion d’AGPI totaux dans les phospholipides et la proportion d’acide linoléique dans les EC a à l’inverse diminué dans le groupe témoin (P=0,019 et P=0,038 respectivement). La proportion d’acide alpha-linolénique dans les EC a augmenté (P<0,001) et a tendance à augmenter dans les phospholipides dans le groupe d’intervention (P=0,015). La proportion d’acide stéarique dans les EC a diminué dans le groupe d’intervention (P=0,001). La proportion d’acide oléique dans les EC a augmenté (P=0,002) et a tendance à augmenter dans les phospholipides dans le groupe témoin (P=0,023). L’activité d’élongase estimée dans les EC a diminué dans le groupe témoin (P-0,050). Enfin, l’intervention n’a eu aucun effet sur les activités de désaturase estimées.

En conclusion, dans cette étude, les auteurs montrent que l’intervention sur l’activité diététique et physique a eu un effet bénéfique sur la composition plasmatique des acides gras chez les enfants en empêchant la diminution de la proportion d’AGPI totaux et d’acide linoléique et en augmentant la proportion d’acide alpha-linolénique.

Venäläinen TM, Viitasalo AM, Schwab US, Eloranta AM, Haapala EA, Jalkanen HP, de Mello VD, Laaksonen DE, Lindi VI, Ågren JJ, Lakka TA. Effect of a 2-y dietary and physical activity intervention on plasma fatty acid composition and estimated desaturase and elongase activities in children: the Physical Activity and Nutrition in Children Study. Am J Clin Nutr. 2016 Oct;104(4):964-972.

Cohorte EPIC : les teneurs des phospholipides plasmatiques en acide alpha-linolénique et en acide linoléique sont inversement associées au risque de diabète de type 2

La question de savoir si et comment les acides gras polyinsaturés (AGPI) n-3 et n-6 sont liés au diabète de type 2 (DT2) est à ce jour débattue. Afin d’apporter des éléments de clarification, les auteurs de cette étude ont mesuré les AGPI plasmatiques chez 12 132 patients souffrant de DT2 et 15 919 sujets témoins participant à l’étude européenne EPIC-InterAct dans huit pays européens. Ils ont également revu systématiquement les études prospectives publiées sur les AGPI en circulation et le risque de DT2.

Les résultats montrent que parmi les AGPI n-3, l’acide alpha-linolénique (ALA) est inversement associé au DT2 (HR par écart-type [SD] 0,93; IC95% 0,88-0,98) alors que l’acide docosa-hexaénoïque (DHA) n’est lui pas significativement associé. Parmi les AGPI n-6, l’acide linoléique (LA) (0,80; IC95%: 0,77-0,83) et l’acide eicosadiénoïque (EDA) (0,89; IC95%: 0,85-0,94) sont inversement liés au DT2, alors que l’acide arachidonique (AA) ne présente pas de lien. Des associations positives significatives sont par ailleurs observées avec l’acide gamma-linolénique (GLA), le dihomo-GLA, l’acide docosatetraénoïque (DTA) et l’acide docosapentaénoïque (n6-DPA), avec des HR par SD respectifs de 1.19 (95% CI 1.14–1.24), 1.46 (95% CI 1.34–1.59), 1.13 (95% CI 1.06–1.21) et 1.14 ( 95% CI 1.05–1.24). Ces résultats apparaissent largement similaires aux résultats comparatifs de neuf études incluant entre 71 à 2 499 cas de DT2.

En conclusion, ces résultats à grande échelle suggèrent une importante association inverse entre AGPI n-3 d’origine végétale circulants (ALA) et acide linoléique, et le DT2. Par contre, aucune association convaincante ne semble exister avec les AGPI n3 dérivés du milieu marin (EPA et DHA). Enfin, la détection d’associations avec des AGPI moins bien étudiés souligne l’importance de considérer les acides gras individuels plutôt que de se concentrer sur la classe des acides gras.

Forouhi NG et al. Association of Plasma Phospholipid n-3 and n-6 Polyunsaturated Fatty Acids with Type 2 Diabetes: The EPIC-InterAct Case- Cohort Study. PLoS Med. 2016 Jul 19;13(7).

Les acides gras poly-insaturés n-3 ont des effets bénéfiques sur la pression artérielle chez des enfants de poids normal ou faible dans la cohorte IDEFICS

Les acides gras polyinsaturés (PUFA) n-3 et n-6 sont des précurseurs de métabolites biologiquement actifs qui affectent la régulation de la pression artérielle (PA). Dans cette étude réalisée sur un sous-échantillon de 1267 enfants âgés de 2 à 9 ans de la cohorte européenne IDEFICS, les auteurs ont évalué l’association entre les statuts en AGPI n-3 et n-6 et la PA chez les enfants et les adolescents. Pour cela, les PA systolique et diastolique ont été mesurées au départ de l’étude puis après 2 et 6 ans.

Les résultats montrent un niveau initial en acide arachidonique positivement associé à la PA systolique (β = 0,08, P = 0,002) et à la PA diastolique (β = 0,07, P <0,001). Chez les enfants minces ou de poids normal, les niveaux en alpha-linolénique (β = -1,13, P = 0,003) et en acide eicosapentaénoïque (β = -0,85, P = 0,003) apparaissent inversement proportionnels à la PA systolique tout au long de l’étude. De même, les statuts en acide alpha-linolénique sont négativement associés à la PA diastolique. Chez les enfants en surpoids et obèses, seul le niveau initial d’acide eicosapentaénoïque apparait positivement associé à la PA diastolique initiale (β = 0,54, P = 0,005).

En conclusion, cette étude reporte que des niveaux faibles d’acide arachidonique dans l’ensemble de l’échantillon d’enfants étudié, et des niveaux élevés d’AGPI n-3 chez les enfants de poids faible / normal, sont associés à une PA plus faible et donc physiologiquement plus saine. Les effets bénéfiques des AGPI n-3 élevés sur la PA n’ont pas été observés par contre chez les enfants en surpoids et obèses, ce qui suggère qu’ils ont pu être effacés par les effets défavorables de l’excès de poids.

Wolters M, Pala V, Russo P, Risé P, Moreno LA, De Henauw S, Mehlig K, Veidebaum T, Molnár D, Tornaritis M, Galli C, Ahrens W, Börnhorst C; IDEFICS and I.Family consortia. Associations of Whole Blood n-3 and n-6 Polyunsaturated Fatty Acids with Blood Pressure in Children and Adolescents – Results from the IDEFICS/I.Family Cohort. PLoS One. 2016 Nov 2;11(11).

Etude Epifane 2012-2013 et l’alimentation des nourrissons pendant leur première année de vie : les matières grasses ajoutées mériteraient de faire l’objet de messages spécifiquement adaptés

Dans le cadre de la mise en place d’un système national de surveillance de l’alimentation des enfants durant leur première année de vie, l’étude Epifane (Épidémiologie en France de l’alimentation et de l’état nutritionnel des enfants pendant leur première année de vie) a été réalisée, en 2012-2013, sur un échantillon de 3 368 couples mère-enfant recrutés dans 136 maternités tirées au sort en France métropolitaine. Les mères étaient interrogées à la maternité et à 1, 4, 8 et 12 mois. Le rapport de cette étude, récemment publié, fournit pour la première fois un ensemble complet d’indicateurs sur l’alimentation des nourrissons, au niveau national. Ces indicateurs portent sur l’alimentation lactée (allaitement maternel, utilisation des préparations pour nourrissons, choix des mères) et sur la diversification alimentaire (quantités et fréquences de consommation des différents types d’aliments).

Si globalement, les résultats d’Épifane laissent supposer un suivi satisfaisant des recommandations diffusées par le PNNS et les professionnels de la petite enfance, des efforts particuliers restent nécessaires concernant la diversification alimentaire et les informations à diffuser sur les âges (ni trop tôt, ni trop tard) auxquels introduire les aliments. Par exemple, le beurre et les huiles végétales sont introduits trop tardivement, puisqu’à un an seule la moitié des enfants en consommaient, alors que celles-ci contribuent pourtant aux apports lipidiques indispensables au développement du système nerveux central et à la croissance de l’enfant.

Ainsi, les matières grasses ajoutées (huiles, margarines, beurre) mériteraient de faire l’objet de messages spécifiquement adaptés, auprès des mères et futures mères, afin que leur introduction dans l’alimentation des nouveau-nés se fassent selon les recommandations, c’est–à-dire à partir de 6 mois.

Référence : Salanave B, de Launay C, Boudet-Berquier J, Guerrisi C, Castetbon K. Alimentation des nourrissons pendant leur première année de vie. Résultats de l’étude Epifane 2012-2013. Saint-Maurice : Institut de veille sanitaire ; 2016. 58 p.

L’acide linolénique érythrocytaire favoriserait une composition corporelle maigre et une moindre résistance à l’insuline

Les hypothèses de départ de cette étude sont les suivantes : d’une part, la supplémentation avec des huiles riches en acide linoléique (LA) augmente la masse musculaire et réduit la masse adipeuse tronculaire (centrale) ; et d’autre part, les acides gras érythrocytaires reflètent l’apport alimentaire en acides gras et leur métabolisme endogène. Cent trente-neuf personnes ont donc été suivies afin de déterminer la relation entre la teneur en LA érythrocytaire et la composition corporelle, la résistance à l’insuline et l’inflammation, après une nuit de jeûne.

Les résultats montrent une teneur en LA érythrocytaire positivement liée à la valeur du rapport masse musculaire appendiculaire (bras et jambes) / indice de masse corporelle, et inversement liée à la quantité de masse adipeuse tronculaire. En outre, la teneur en LA apparait inversement proportionnelle à l’index de résistance à l’insuline et de marqueur de l’inflammation IL-6. Des résultats complémentaires montrent une relation également inverse entre la teneur érythrocytaire en acide oléique ou en acides gras à longue chaîne n-3 avec les marqueurs de l’inflammation étudiés, mais une absence de relation avec la composition corporelle ou la résistance à l’insuline.

En conclusion, cette étude montre, dans une population en bonne santé, une teneur érythrocytaire en acide linoléique positivement associée à une augmentation de la masse musculaire des membres inférieurs et supérieurs, une diminution de la masse adipeuse tronculaire et un moindre index de résistance à l’insuline. Cette relation positive avec la composition corporelle et la résistance à l’insuline ne se retrouve pas avec l’acide oléique ou les acides gras à longue chaîne n-3 érythrocytaires.

Référence : Belury MA, Cole RM, Bailey BE, Ke JY, Andridge RR, Kiecolt-Glaser JK. Erythrocyte linoleic acid, but not oleic acid, is associated with improvements in body composition in men and women. Mol Nutr Food Res. 2016 Feb 29.

Des apports alimentaires suffisant en acide alpha-linolénique diminuent le risque de mortalité toutes causes confondues, mais sans améliorer le risque cardiovasculaire

Si les données épidémiologiques suggèrent un rôle cardioprotecteur de l’acide alpha-linolénique (ALA), on ignore si l’ALA (d’origine végétal) est bénéfique dans un contexte de forte consommation de poissons apportant des acides gras polyinsaturés n-3 à longue chaîne (dérivés de l’ALA). Dans cette étude, 7 202 personnes à haut risque cardiovasculaire et à forte consommation de poisson ont été suivies pendant 5,9 années – étude PREvención con DIeta MEDiterrànea (PREDIMED). Les relations entre les niveaux d’apports alimentaires en ALA et en acides gras polyinsaturés n-3 à longue chaîne, avec la mortalité toutes causes confondues et la mortalité cardiovasculaire ont ainsi été analysées dans cette population.

Les résultats de cette analyse montrent que chez les participants dont l’apport en ALA est conforme aux recommandations de l’International Society for the Study of Fatty Acids and Lipids (ISSFAL), soit 0,7% de l’énergie totale, le risque pour la mortalité toutes causes confondues est moindre (0,72, IC 95% [0,56 ; 0,92], valeur-p 0,013) ; par contre le risque n’est pas diminué pour les maladies cardiovasculaires mortelles, (0,95, IC 95% [0,58 ; 1,57], valeur-p 0,848). En parallèle, la conformité aux recommandations d’apports en acides gras polyinsaturés n-3 à longue chaîne (≥500 mg / jour) est, elle, corrélée à un moindre risque pour les maladies mortelles cardiovasculaires (0,61, IC 95% [0,39 ; 0,96], valeur-p 0,032) et pour la maladie coronarienne fatale (0,54, IC 95% [0,29 ; 0,99], valeur-p 0,046). Le plus bas risque de mortalité toutes causes confondues est observé chez les personnes respectant les deux recommandations. (0,63, IC 95% [0,45 ; 0,87], valeur-p 0,005).

En conclusion, dans cette analyse d’une population sans antécédents de maladie cardiovasculaire et présentant une consommation élevée de poisson, on observe que l’apport alimentaire en ALA, fourni principalement par les noix, est inversement relié à la mortalité toutes causes confondues. Seul l’apport en acides gras polyinsaturés n-3 à longue chaîne issus de poisson apparait cependant comme corrélé à une moindre mortalité cardiovasculaire.

Référence : Sala-Vila A et al. Dietary α-Linolenic Acid, Marine ω-3 Fatty Acids, and Mortality in a Population With High Fish Consumption: Findings From the PREvención con DIeta MEDiterránea (PREDIMED) Study. J Am Heart Assoc. 2016 Jan 26;5(1).

L’acide alpha-linolénique sérique semble être un biomarqueur prédictif de la démence

Les acides gras (AG) polyinsaturés oméga-3 ont des fonctions anti-athérosclérotiques et de protection neuronale, mais les données épidémiologiques concernant leur potentiel rôle préventif vis–à-vis du risque de démence est limité, en particulier pour l’acide alpha-linolénique. Le but de cette étude était d’examiner si les acides gras polyinsaturés oméga-3 sériques (alpha-linolénique, eicosapentaénoïque et docosahexaénoïque) sont associés à un risque de démence, dans le cadre de l’étude cas-témoins Circulatory Risk in Communities Study, impliquant 7 586 individus japonais âgés de 40 à 74 ans, suivis pendant la période 1984-1994.

Les résultats de cette analyse montrent que l’acide alpha-linolénique sérique est inversement associé au risque de démence : les rapports de risques multivariés sont ainsi mesurés à 0,57 (IC 95% : 0,39 à 0,85), 0,51 (IC 95% : 0,34 à 0,76) et 0,61 (IC 95% : 0,41 à 0,90) pour les personnes respectivement au second, troisième et dernier quartile pour la teneur en acide alpha-linolénique sérique, par rapport au quartile le plus bas (P <0,001). Les autres AG de type oméga-3 ne montrent pas d’associations statistiquement significatives avec le risque de démence.

En conclusion de cette étude, l’acide alpha-linolénique sérique apparait inversement associée au risque de démence dans le cadre de la cohorte étudiée. Les auteurs concluent que l’acide alpha-linolénique sérique semble être un biomarqueur prédictif de la démence qui devra être confirmé par de futurs essais contrôlés randomisés.

 

Référence : Yamagishi K, Ikeda A, Chei CL, Noda H, Umesawa M, Cui R, Muraki I, Ohira T, Imano H, Sankai T, Okada T, Tanigawa T, Kitamura A, Kiyama M, Iso H; CIRCS Investigators. Serum α-linolenic and other ω-3 fatty acids, and risk of disabling dementia: Community-based nested case- control study. Clin Nutr. 2016 May 24.

Remplacer les graisses saturées et les acides gras trans par des graisses insaturées a un effet favorable sur le risque de mortalité

Afin de préciser les liens entre certains lipides alimentaires et la mortalité, cette étude s’est intéressé à 2 grandes cohortes américaines menées sur des populations initialement exemptes de maladies cardio-vasculaires, de cancer et de diabète de type 1 ou 2 : la Nurses’ Health Study (83 349 femmes suivies de juillet 1980 à juin 2012) et la Health Professionals Follow-up Study (42 884 hommes suivis de février 1986 à janvier 2012). La consommation en lipides dans ces cohortes a été évaluée au départ puis mise à jour tous les 2 à 4 ans, et analysée en lien avec les informations collectées sur la mortalité totale et par cause.

Les résultats de cette étude montrent, après ajustement pour les facteurs de risque connus et présumés, que les lipides totaux, comparés aux glucides totaux, sont inversement associés à la mortalité totale (rapport de risque comparant les quintiles extrêmes (HR) : 0,84 ; IC 95% : 0,81 à 0,88 ; P <0,001). Le risque de mortalité totale est par ailleurs positivement lié aux acides gras (AG) polyinsaturés (HR : 0,81 ; IC 95% : 0,78 à 0,84; P <0,001) et aux acides gras monoinsaturés (HR : 0,89 ; IC 95% : 0,84 à 0,94; P <0,001), mais négativement associé aux acides gras saturés (HR : 1,08 ; IC 95% : 1,03 à 1,14; P <0,001) et aux acides gras trans (HR : 1,13 ; IC 95% : 1,07 à 1,18; P <0,001). Il apparaît également que le remplacement des graisses saturées (5% de l’énergie) par des AG polyinsaturés ou des AG monoinsaturés est associé à des réductions estimées de la mortalité totale de 27% (HR : 0,73 ; IC 95% : 0,70 à 0,77 ; P <0,001) et 13% (HR : 0,87; IC 95% : 0,82 à 0,93; P <0,001) respectivement. Enfin, la prise d’AG polyinsaturés de type oméga-6, en particulier l’acide linoléique, est inversement associée à la mortalité due à la plupart des principales causes (HR : 0,85 ; IC 95% : 0,81 à 0,89 ; P <0,001), alors que les AG polyinsaturés de type oméga-3 d’origine marine sont eux associés à une mortalité totale légèrement inférieure (HR : 0,96 ; IC 95% : 0,93 à 1.00; P = 0,002).

Cette analyse, réalisée sur deux importantes cohortes, montre que les différents types d’acides gras ont des associations divergentes avec la mortalité totale et par cause. Pour les auteurs, leur étude soutient les recommandations alimentaires actuelles visant à remplacer les graisses saturées et les acides gras trans par des graisses insaturées.

 

Référence : Association of Specific Dietary Fats With Total and Cause-Specific Mortality. Wang DD, Li Y, Chiuve SE, Stampfer MJ, Manson JE, Rimm EB, Willett WC, Hu FB.JAMA Intern Med. 2016 Aug 1;176(8):1134-45.

Apport alimentaire de noix et amélioration de la fonction microvasculaire : un effet possiblement médié par les époxydes plasmatiques

Plusieurs études ont rapporté une amélioration de la fonction vasculaire après l’incorporation de noix dans des régimes alimentaires contrôlés ou riches en matières grasses. Cependant, le ou les mécanismes de cet effet sont encore mal définis. L’objectif de cette étude a été d’évaluer les effets aigus et à court terme d’un apport alimentaire de noix sur la fonction microvasculaire et la relation entre ces effets et les époxydes plasmatiques, les métabolites d’acides gras dérivés du cytochrome-P450. Trente-huit femmes ménopausées hypercholestérolémiques ont ainsi été supplémentées de façon randomisée pendant 4 semaines avec 5 g ou 40 g quotidiens de noix. Tous les résultats ont été mesurés après une nuit de jeûne et 4 h après la consommation des noix. La fonction microvasculaire a été évaluée au travers de l’indice d’hyperémie réactive (RHI), et les lipides sériques et les époxydes du plasma ont été par ailleurs mesurés.

Les résultats montrent que la consommation quotidienne de 40 g de noix pendant 4 semaines a un effet favorable sur la fonction microvasculaire, les RHI apparaissant augmentés. Par contre, les teneurs plasmatiques en cholestérol total, HDL cholestérol et LDL cholestérol ne sont pas modifiés de manière significative par l’apport de noix. La variation de la RHI après 4 semaines apparait associée à la variation de la somme des époxydes de plasma (r = 0,65, P = 0,002) mais pas avec le changement de la somme des acides hydroxyeicosatétraénoïque plasmatiques. Parmi les époxydes individuels du plasma, l’acide 14(15)-epoxyeicosatrienoic dérivé de l’acide arachidonique est celui qui est le plus fortement associé à la modification de la fonction microvasculaire (r = 0,72, P <0,001).

En conclusion de cette étude, les résultats obtenus appuient l’idée que la consommation d’acides gras contenus dans les noix peut affecter favorablement la production d’époxydes de plasma, entraînant une amélioration de la fonction microvasculaire.

 

Référence : Holt RR, Yim SJ, Shearer GC, Hackman RM, Djurica D, Newman JW, Shindel AW, Keen CL. Effects of short-term walnut consumption on human microvascular function and its relationship to plasma epoxide content. J Nutr Biochem. 2015 Dec;26(12):1458-66.